
Les caves du chateau situées sous le Jardin Royal (XIIIème siècle)
DIX siecles au château
de
montargis
En tout lieu, le Roi de France est Empereur en son royaume
Charles V
Le berceau des enfants de France
La légende
J’étais envieux de voir ce magnifique Château de Montargis, le plus célèbre d’Europe.
Victor Hugo
Il faut tout faire pour que ce lieu revive encore plus si nous décidons d’y installer une école chrétienne.
Madame de Cintré 1896
Histoire du Château de Montargis
INTRODUCTION
« La grande salle… Elle occupait le premier étage du palais et mesurait cinquante mètres de long sur seize de large. Le rez-de-chaussée comprenait une salle de jeu de paume, la grande cuisine du roi à trois cheminées, magasins et arcades pour mettre de l’artillerie.…(dans cette grande salle) .. Six grandes cheminées en chasque bout et deux de chasque coté de longueur… pouvaient la chauffer. Sur celle de main droite en entrant, il y a deux écussons, l’un de France à trois fleurs de lys, sostenu par deux anges et de l’autre de l’Empire, ayant un aigle à simple teste, de couleur clair obscur soubstenu par deux aigles d’or. De l’autre bout, y avoit deux aultres fort écussons de Hongrie et de Castille…de Léon et de Castille (escartellez), les lions tournés du côté gauche, obscur en champs clairs et les châteaux au contraire. Les croisées… aux armes de France et de Bavière tout comme dans la chapelle royale… Le plafond en ogive du rez-de-chaussée ainsi que celui du premier étage entre les poutres était parsemé de grandes roses rouges et dans le centre desquelles était l’écusson à trois fleurs de lys de France… Le sol du premier était pavé de briques vernies avec les châteaux de Castille, les aigles à simple teste, les fleurs de lys sans nombre et les roses… Les poutres qui soutiennent le plafond de la salle en vaisseau retourné sont painctes aux armes de France, en fleurs de lys sans nombre, de Bourbon, d’Anjou le viel et le moderne, de Bourgogne, de Maurienne, de Savoie, de Berry, du Perche, du Maine, d’Orléans, de Flandres, de Hainault, de Blois, de Champagne, de Courtenay, de Normandie, de Sicile, de Portugal, de Kiev et d’autres mal définissables.
Peiresc (XVIème siècle)
Les admirables descriptions de Peiresc, les espoirs déçus de Victor Hugo envoûtent le visiteur du Château de Montargis. Les restes rappellent si difficilement la puissance et la beauté du lieu qu’il faut faire un effort d’imagination.
Laissons-nous prendre par l’héraldique de la Grande Salle et regardons l’histoire de France contée en ces lieux qui sont le centre de l’histoire de deux familles aux destins si prodigieux. La première, de Courtenay qui puise sa racine dans la descendance de Charles le Magne et qui régna sur l’Empire Latin, la seconde, de France, qui de serviteur de l’Empereur Charles, accédera au trône. Un de ses lieux favoris, suivra cette ascension : le Château.
C’est à une évocation de ces temps révolus, de ce lieu et de personnes illustres que vous êtes conviés. Que cette lecture dont le contenu s’étend de l’aurore du premier millénaire au deuxième millénaire de l’ère chrétienne, vous replonge dans l’histoire de la France, à l’histoire locale de Montargis et plus encore au Château que vous avez le plaisir de hanter.
Puisque la coutume veut que l’on signe son texte, avant tout je remercierai tout spécialement Pierre Dadé, Raymond Cherbuy et les anciens qui m’ont soutenu et aidé. Qu’il me soit permis de dire que peu aurait été fait sans la collaboration de Monsieur de Jorna.
Tous, nous vous souhaitons d’aimer encore plus le Château après avoir lu ces quelques lignes dédiées à vous tous, anciens supérieurs, professeurs et élèves.
Jean Fournier
Du premier Seigneur : JOCELIN - 1069
Au dernier Seigneur : Philippe - 1792.
Avant propos.
Traditionnellement implanté sur une motte, un rocher ou une éminence, le château servait à protéger le bourg, à défendre le fief ou encore à tenir une route. Du « tout en bois », il devient le « tout en pierre » au fur et à mesure que les temps devenaient plus rudes. Il évitait l’isolement, la faiblesse et était un atout pour le regroupement des gens. Ainsi les serments liaient les tenanciers ou bourgeois aux hommes d’armes, ceux-ci au châtelain, les seigneurs du donjon aux comtes et les comtes au roi. La société féodale voyait s’interpénétrer les autorités et les obligations.
Une butte dressée au-dessus des marécages au milieu desquels le Puiseaux, le Vernisson et l'Ouanne se jettent dans le Loing, lui-même divisé en de nombreux bras...
Et près de cette butte, un croisement de routes se dirigeant à l'est vers Sens et Auxerre, au sud vers la vallée de la Loire et les pays du Midi, au nord vers Chartres, vers la Seine et la Manche...
En fallait-il davantage pour qu'un groupement humain s'établisse là ? Pour que sur la hauteur se bâtisse un « oppidum », à la fois poste de surveillance et refuge en cas d'attaque pour les habitants logés entre la colline et la rivière ?
Ce n'était là qu'une enceinte carrée, faite d'un mur épais, de poutres et de pierres enchevêtrées, tel que celui décrit par César dans ses Commentaires de la Guerre des Gaules, et dont il note à la fois l'élégance et la solidité : « Ce genre d'ouvrage offre un aspect varié qui n'est pas désagréable à l'oeil, avec son alternance de poutres et de pierres... ; il est de plus très pratique et parfaitement adapté à la défense des villes, car la pierre le défend du feu et le bois des ravages des béliers »... En toute sécurité derrière lui pouvaient s'élever quelques constructions en bois pour abriter les réfugiés des alentours et leurs biens.
Or, un jour de la fin février ou de début de mars 52 avant J-C, les guetteurs gaulois entendirent monter jusqu'à eux « le piétement sourd des légions en marche ». C'était César qui, parti d'Agedincum pour combattre le soulèvement national dirigé par Vercingétorix, marchait, avant même de porter secours à Gorgobina assiégée, sur Cénabum où avait été donné le signal de la révolte.
« Le second jour, il arriva devant VELLAUNODUNUM, ville des Senons. » Bravement, l'oppidum tenta de l'arrêter. Mais que pouvaient-ils contre les milliers d’hommes des huit légions qui en commençaient maintenant le siège en règle. ? « Le troisième jour de blocus, des parlementaires descendirent de la place, offrant sa reddition. César exigea qu'on lui livre les bêtes de somme et 600 otages. » Puis il laissa son lieutenant Trébonius terminer l'affaire, il partit sans tarder en direction de Cénabum qu'il atteignit en deux jours.
La place avait succombé, mais elle avait retardé la marche de son vainqueur ; en représailles, la ville fut détruite. Ses habitants la reconstruisirent sur la rive droite de la rivière ; quant à l'oppidum, Trebonius y installa sans doute une garnison romaine pour occuper et surveiller cette région, jugée trop turbulente…
Il n'y eut pas cependant de révolte, et même une fois la Gaule pacifiée, la nouvelle ville devint très prospère. Mais probablement pendant les invasions du Ve siècle, elle fut incendiée et ruinée par les barbares.
Quelque cent ans plus tard, CLOVIS amenait le royaume franc jusqu'aux rives de la Loire. Il ne fut pas sans remarquer l'importance militaire de cette butte sur laquelle achevaient de s'effriter les murs en ruines du vieil oppidum.
Aussi, nous assure Dom Morin dans son « Histoire du Gastinois », il y bâtit une « forte et puissante tour » sans doute celle dont Peiresc, en 1616, dit qu'elle « s'appelle la vieille tour de Montargis et semble antique de plus de mille ans » .
C'est autour d'elle que va, aux siècles suivants, se construire
Le CHATEAU de MONTARGIS.
Les difficultés du moment (IX ème et X ème siècle) firent que la demeure du seigneur se rapprocha du donjon, quittant ainsi la ville. Un nouveau style de château apparut. Garantissant la sécurité des habitants, la première cour permettait à ceux-ci de s’abriter. Elle contenait grenier, puits, pressoir, glacières, écuries, logement des gens d’armes et des serviteurs attachés à la personne du seigneur. Elle communiquait directement à la ville par une porte forte ou « porte donjon », autrement dit une poterne. De lourds vantaux, une herse, et un poste de guet la protégeaient. La deuxième cour comprenait l’église qui était celle du bourg et du château à la fois, et les bâtiments administratifs (gouvernement).
La troisième cour était close par une enceinte. Le passage de l’une à l’autre était commandé par une tour porte. Cette « haute cour » contenait le donjon auquel était adossée la maison du seigneur. Vers le XII ème siècle, elle s’agrandit pour recevoir le palais. Son aspect était le reflet de la puissance, de la richesse du seigneur, liée à son rang et à la force de son fief.
Le château, expression matérielle de la féodalité, est le symbole de la loyauté des serments mutuels passés, de l’héroïsme, du sacrifice, mais il est aussi celui de la félonie, de la jalousie et du mensonge.
La justice, l’administration, la défense étaient entre les mains des Ducs, des Marquis, des Comtes et Vicomtes qui administraient le royaume. Si Charles le Magne les avait créés, surtout pour s’assurer de son empire en faisant monter à lui tous les pouvoirs intermédiaires, c’est dans un cadre bien réel qu’il inscrivit leurs fonctions : la terre.
Ces viagers, ces apanages, ces concessions liaient le seigneur et les hauts fonctionnaires à l’Empereur. D’abord confédérés par le roi et à sa merci, ces domaines devinrent rapidement héréditaires. Parallèlement à la dégradation de la puissance du souverain, les seigneurs purent renforcer leurs positions et distribuer à des fidèles quelques morceaux de terres. Si le suzerain était puissant par le nombre de ses vassaux, il devait en ménager quelques-uns pour devenir maître des autres. Il fallut beaucoup de guerres, de diplomatie sinon d’alliances pour agrandir un domaine et garder le royaume.
Quand le fief fut devenu entité territoriale, on posa des limites à son aliénation et à sa transmission. Par le capitulaire de Quierry, Charles le Chauve, le 14 juin 877, promulgua l’hérédité par primogéniture. Tout en voulant s’assurer les grands feudataires, cette législation signifiait que le domaine allait au plus proche héritier donc au fils aîné. Le fief devait aller à son fils ou à son frère. Si le premier était le plus proche du dernier détenteur par le sang, le second était le plus proche parent du feudataire primitif.
Les premiers chapitres de l’histoire du Château de Montargis vont conter les péripéties de la mouvance de la châtellenie de Montargis, tant au sein des familles qui le posséderont qu’au niveau du fief lui-même. Les lois de la féodalité mêlées aux mœurs du temps, la puissance des maisons concernées liées à l’affaiblissement des derniers carolingiens, vont faire naître le Gâtinais et son Château qui seront pour partie aux maisons de Sens-Courtenay et d’Anjou-Orléans. Si cette dernière relevait de la mouvance du Comte de Paris, Duc de France et d’Orléans, la première relevait de la filiation de Charles le Magne.
L’union des ces familles et l’unité du royaume feront du Château, un haut lieu de la magnificence des fils d’Hugues Capet et un champ de ruines quand ils fuiront la France.
DANS LE DOMAINE DES COURTENAY.
Vers le milieu du IIIe siècle avait été créé le " pagus Vastiniensis " subdivision de la " civitas Senonum", qui était la métropole de la " IVe Lyonnaise".
Puis à l'époque carolingienne, se forma le "Comté du Gâtinais ", sur la rive droite de l'Essonne, entre les forêts de Fontainebleau et d'Orléans, dont Chateau-Landon était la capitale politique et Ferrières le centre religieux.
Que devint Montargis pendant ce temps ?
Poste avancé de la « Bourgogne » en face de la « France », ce comté dépendait des comtes du Gâtinais et d'Anjou. Il allait passer dans le domaine des Courtenay par le mariage, vers 1060, d'Hildegarde, fille de Geoffroy Férole, comte du Gatinais, avec Joscelin, fils aîné du comte Athon, (ou Othon ), seigneur de Courtenay depuis 1015 environ.
Le premier Château de Montargis, bâti probablement au Xe siècle, rappelait par bien des points l'oppidum primitif.
Moins bien protégé que lui, car son enceinte extérieure n'est faite que d'une simple palissade de pieux effilés plantés obliquement, - le « plessis », - il possède comme lui, à l'intérieur de la cour ainsi formée, des bâtiments : logement pour les serviteurs et compagnons du seigneur, écuries, hangar et granges ....
Son originalité consiste en une tour de bois, probablement carrée, dressée au milieu de la cour sur une « motte » faite avec la terre provenant du fossé qui l'entoure, - à moins qu'on ait utilisé à cet effet la " tour de Clovis » ? ...
Cette tour, c'est la " maison du maître ", le " dominium ", mot dont nous avons fait " le donjon ", - c'est là qu'il vit avec sa famille. Dans la partie inférieure, " un cellier " contient des provisions pour la vie de chaque jour. Au sommet, les hommes de garde vont et viennent sur le " chemin de ronde " et un veilleur, - la guette - signale à son de trompe, visiteurs ou ennemis. Entre les deux, la ou les salles où le seigneur reçoit, mange, prend son repos. Aucun confort dans le logement de cet homme, d'ailleurs presque toujours en guerre ou en chasse. L'unique porte d'entrée est au premier étage : on y accède par un escalier de bois franchissant le fossé et facile à démolir si la première enceinte vient à être forcée.
Tel est-il sans doute encore lorsque le septième et dernier fils de Louis VI le Gros, Pierre de France, reçoit ce château d'Elisabeth, arrière-petite-fille de Joscelin, qu'il épouse en 1139, à condition de prendre le nom et les armes de la maison de Courtenay pour les transmettre à sa postérité.
Ce Pierre de France, devenu ainsi par son mariage Pierre Ier de Courtenay vint résider à Montargis dont il « fortifia et amplifia le château » (Dom Morin ). Après sa mort, son fils Pierre II, continua les travaux.
La grande innovation semble avoir été l'emploi de la pierre au lieu du bois dans les principaux ouvrages de défense. C'est ainsi que la palissade de pieux fit place à un mur de pierre qui, appuyé à la "tour de Clovis " et flanqué d'autres tours, descendit jusqu'en bas de la colline où fut bâtie une porte fortifiée, porte-tour carrée fermée par une herse et de lourds vantaux : elle est toujours debout à l'entrée du château et on peut voir en avant de la voûte, l'étroit passage de la herse.
Au donjon de bois, on substitua un « donjon de pierre de taille », de forme ronde, aux murs suffisamment larges pour que deux hommes puissent y marcher de front . L’entrée était voûtée en ogive « ayant une basse cour ronde au mitan, avec... un puy tout au centre » Et comme au XIIe siècle, le donjon avait de plus en plus une destination exclusivement militaire. Pierre Ier ou Pierre II, fit élever, accoté au mur d'enceinte, un « Palais » avec ses deux parties principales : « La Chambre » à lui réservée et à sa famille et « la Salle » qui était le lieu de réunion des hommes d'armes du seigneur.
Cette salle du Château de Montargis, on dira bientôt « La Grande Salle » à cause de ses dimensions - comprenait au rez-de-chaussée, une salle basse et une autre au premier étage. Celle-ci qui communiquait directement avec « la Chambre » par une galerie, avec le donjon et avec la cour par un escalier servait aux réceptions et aux dîners ; elle pouvait devenir, en coupant les communications avec l'escalier et le donjon, un dernier retrait si l'enceinte venait à céder.
« La salle basse » était le logement des mercenaires et remplaçants auxquels le seigneur était obligé d'avoir recours en cas de guerre : elle leur fournissait un dortoir, une salle à manger et même une cuisine en cas de besoin et un lieu propice à leurs exercices.
De cette salle, ouverte seulement sur la cour, ces soldats pouvaient se porter rapidement aux points menacés, mais « uniquement par les dehors ou par des postes, c'est à dire, des escaliers passant par les tours » où seuls étaient logés les hommes les plus sûrs.
Ainsi le seigneur avait-il moins à craindre la trahison de ces soldats d'aventure, puisqu'ils ne pouvaient arriver aux défenses que sous la surveillance des capitaines dévoués.
« Le Roi de France est Empereur en son royaume » Charles V
« Sur la cheminée du fond dans le clair obscur deux rois, Charles le Magne et Charles V ...
... Il y a deux écussons, l’un de France et l’autre d’Empire ...
... Les armes d’Angleterre... de Brienne ... de l’Empire d’Orient... »
Sur le manteau de cette cheminée jouxtant les appartements royaux, le Roi Charles rappelait les origines de sa famille. Né des Ducs, Marquis ou Comtes que Louis et Charles le Chauve avaient fait pour défendre leur royaume, les Robertiens ont été gardiens de l’Empire de l’Ouest.
Le traité de Verdun en 843 avait séparé l’Empire de Charles entre ses descendants. Charles II le Chauve, fils de Louis le Débonnaire ( ou le Pieux) et de l’Impératrice Judith, vit l’affaiblissement de son autorité et dut déléguer une partie de ses pouvoirs. A sa mort en 877, le royaume descendit un peu plus dans les degrés du désordre. L’aube du Xème siècle verra les invasions normandes, la fin de l'anarchie carolingienne, l’ascension des Robertiens et la naissance de la féodalité.
Robert le Fort, ancêtre de la plus illustre famille royale d’Europe, cet homme de guerre est un puissant personnage :
Comte de Paris en 861, Comte d’Anjou et duc de France. Par le Comté d’Anjou (Anjou le Viel), Robert a le commandement administratif et militaire des territoires entre Saône et Loire. Il guerroye sans relâche contre les Normands et trouve la mort ( 866) en Touraine face à eux. Ses enfants, trop jeunes, ne bénéficient pas de son héritage, ce qui prouve que l’hérédité des fiefs n’est pas encore absolue. Le sien revient au plus proche parent du feudataire : Hugues.
Hugues, dit Hugues l’abbé
Neveu de Judith, Impératrice, femme de Louis 1er et mère de Charles le Chauve, alliée de la puissante famille des Tell, il était le tuteur des fils de Robert le Fort. Cet homme était un clerc laïc, administrateur d’abbaye. Chef de guerre et Roi dans l’ombre des princes carolingiens. A sa mort, il confie tous ses commandements à l'aîné des fils de Robert le Fort : Eudes.
Eudes, Roi de France, (840- 887-898),
Les Grands appelèrent, après le plaid de Tibur en 887, le jeune Prince Charles III, mais auparavant Eudes avait été élu Roi en raison des graves menaces que faisaient peser l’Empire germanique et les Normands. Ils s’affrontèrent puis partagèrent leurs domaines. Eudes conserva les terres entre la Saône et la Loire et Charles celles entre Rhin et Seine. Eudes mourut en 898 sans postérité.
CHARLES III dit le Simple ( 879-898-929)
Fils posthume de Louis dit le Bègue, il partage donc le trône avec Eudes en 893, puis devint, seul, roi de France en 898, vaincu par Hughes le Grand en 923, détrôné, il mourut en prison en 829.
Robert Ier, frère du Roi Eudes, (…922-923)
Il était un compétiteur dangereux pour Charles dit Charles le Simple. Il lui redonna le Comté de Paris et le Duché de France. Déçu de n’avoir pu succéder à son père, il réussit cependant à se faire couronner à Reims. Mais Charles le Simple leva une armée et au cours de la bataille, le tua.
Hugues Ier le Grand, (… 941-956)
Hugues le Grand est le fils du roi Robert Ier . Fils de roi, neveu de roi, beau-frère de roi et père de roi, il refusa la couronne de France les trois fois où il l'eut à sa portée:
15 juin 923 : Mort de Robert Ier près de Soissons. A la mort de son père, Hugues le Grand aurait pu prétendre à la succession. Ce n'était pas le Carolingien, Charles III le Simple, qui pouvait l'en empêcher, car prisonnier à l'issue du combat où le roi Robert avait trouvé la mort, il était destitué de fait. Hugues le Grand renonça cependant à la couronne et la laissa aller à son beau-frère Raoul. Hugues est alors le plus puissant seigneur de France. Hugues le Grand mourut le 16 ou 17 juin 956 à Dourdan
Raoul 1er ( ? –929-936)
. La fille de Robert 1er, épouse de Raoul, duc de Bourgogne permet à ce dernier de devenir Roi de France. Charles le Simple emprisonné dès 923, Raoul règne seul de la mort de ce dernier en 929 jusqu’en Janvier 936 mais il meurt sans postérité.
Louis IV d’Outremer, (921-936-951)
Raoul étant mort sans postérité, Hugues le Grand préfère rappeler d'Angleterre Louis, le fils de Charles III le Simple. Sacré à Reims, il devient Louis IV d'Outremer. Hugues le Grand renonce à la couronne, mais garde le pouvoir. Il tente d'imposer sa tutelle au jeune Carolingien comme les maires du palais d'antan l'avaient fait aux derniers Mérovingiens. Louis IV se rebelle contre cette autorité et son règne sera une succession de crises plus ou moins graves issues de la lutte d'influence entre le roi et le duc de France.
En 954, mort de Louis IV d'Outremer qui fait une chute de cheval. Une troisième et dernière fois, Hugues le Grand ne saisit pas la couronne mais appelle au pouvoir Lothaire, fils aîné de Louis IV..Son fils Louis V dit le Fainéant couronné en 986mais meurt en 987 ; empoisonné par sa femme.
Hugues dit « Capet Saint-Martin », ( 941-987-996)
Fils d’Hugues le Grand, il prendra définitivement la couronne aux Carlovingiens. Il devait sa puissance à sa naissance (Il était de la lignée de Robert le Fort et de l’Empereur Othon de Germanie) ; ses tantes étaient Princesses Carolingiennes, mais également à sa qualité. Sur ses terres régnaient paix et richesse. Abbé de Saint-Martin de Tours, c’est à dire Capet, il avait la puissance religieuse. Duc de France de 956 à 987, la mort de son père place dans son domaine et donc plus tard dans celui de la Couronne) :
Le Comté de Paris, Le Duché de France, Le Duché d’Orléans,
Les églises de Saint Germain et de Saint Denis.
Les Comtés d’Anjou, du Perche et du Maine,
et dans leur mouvance :
Les Comtés de Nevers et de Sens, de Toulouse,
Les Duchés d’Aquitaine et de Bourgogne.
Il donna ces derniers en apanage à son frère Othon qui venait d’épouser Leudegarde, la fille du Comte d’Autun et de Dijon, gendre de Raoul de Bourgogne, roi carolingien de 923 à 936. Grâce à cette alliance Hugues unifia le Duché et l’Archi-comté mettant ainsi un terme au royaume de Bourgogne. A la mort d’Othon sans postérité, Eudes-Henri, frère d’Hugues devint Duc de Bourgogne.
Il convient de préciser, comme pour la Bourgogne, que le Comté d’Anjou appartient à la même famille depuis la mort de Robert le Fort et pendant la tutelle de Hugues l’Abbé.
Cette Maison d’Anjou aura cependant pour suzerain le Duc de France. Là encore, les alliances avec les Robertiens atténueront les tensions.
De cette union sortira la Châtellenie de Montargis.
Avant d’envisager l’histoire du Château et de ses propriétaires Robertiens ou Capétiens,
arrêtons-nous sur deux familles d’arrière-feudataires.
Les Comtes de Sens, Barons de Courtenay
Les Comtes de Tours-Anjou, Vicomtes d’Orléans et de Gatinais.
Chronologie
Passage des Carlovingiens aux Carolingiens
Saint Arnould 590-640 Maire du Palais sous - Dagobert 1er +638
Ansigise ?-678 épouse Ste Bègue fille de Pépin de Landen +639
Pépin d’Heristal ?-714 Maire du Palais. Duc de France, gouverne dès 678
Charles-Martel 686-741 Maire du Palais de Neustrie, Duc de France
ROIS de France
Carloman 715-742-755 sp
& Pepin le Bref 714-752-768
Charles-le-Magne 742-768-814
Louis le Débonnaire 778-814-840 LES CAPETIENS
Charles II le Chauve 823-840-877 Robert le Fort ? - 866
Louis II le Bègue 846-877-879
Louis III 860-879-884 sp
& Carloman 860-884-884 sp
Charles le Gros ?-884-888
& Charles III le Simple 879-898-929) Eudes 840-888-898
Robert 1er ? - 922-923
Raoul 1er ?- 923-936 sp
Louis IV d’Outremer 921-936-954 HUGUES le Grand ?-956
Lothaire 941-954-986
Louis V le Fainéant 967-986-987 sp Hugues Capet 941- 987- 996
Robert II le Pieux 970- 996-1031
Henri 1er 1005-1031-1060
Philippe 1er 1053-1060-1108
LES COURTENAY Louis VI le Gros 1078-1108-1137
Pierre 1er de Courtenay 1125-1183 frère de Louis VII 1120-1137-1180
Pierre II de Courtenay 1160-1219 cousin de Philippe II Auguste 1165-1180-1123