Association des anciens élèves de l'école Saint Louis
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Histoire du Château de Montargis

histoire_chateaux_300 « Certains rapportent que lorsque Clovis amena le royaume franc jusqu’au bord de la Loire, il ne fut pas sans remarquer l’importance de cette butte», écrivait Marie-Antoine Mathieu, professeur qui écrivit une « Histoire du Château ».

Essayons d’évoquer, après lui, tous ceux qui y vécurent ou contribuèrent à la vie de ce château. Deux cents ans après Clovis, quelques protagonistes apparaissent : d’une part la maison d’Anjou (Ingelger et Plantagenet), avec les Foulque aux divers surnoms comme « le Roux,  le Bon, le Noir, le Rechin », et d’autre part, les comtes d’Orléans. De l’union de ces familles naît une fille : Hildegarde Hérou (Comtesse du Gâtinais), c’est la première châtelaine de Montargis. Elle épouse Jocelin de la famille des comtes de Sens. Il devient donc Seigneur de Montargis en 1069. Mais Hildegarde décède et Jocelin épouse alors Isabelle de Monthléry. Naît un fils, Miles, un petit-fils, Rainaud. 

En 1139,  la fille de Rainaud, Elisabeth,  épouse Pierre, fils cadet du Roi Louis VI le Gros.  Les premières tours du château entourent maintenant le donjon et la chapelle Sainte-Marie. C’est la résidence des Courtenay-France, (plus tard Empereur de Constantinople). La première période de gloire du château de Montargis débute.

En 1188, Pierre II, son fils cède le Château au roi Philippe-Auguste qui y crée cette puissante forteresse palais où il aime résider. Il offre ce domaine à son fils, le futur Louis VIII. Saint-Louis aime y séjourner également avec Cour et Famille, plus de 30 fois. A nouveau possession du fils de Saint-Louis, Philippe III le Hardi puis de Philippe IV, son petit-fils, plus connu sous le nom de «Philippe le Bel », tous passent leur enfance en ses murs.

Les Capétiens directs disparaissent. Aucun des fils de Philippe IV ne séjourneront au chateau. Les Valois succèdent aux Capétiens directs.  Philippe VI conserve pour lui le Château et y réside. Si Jean II le Bon y réside peu, nous devons, grâce à son fils Charles V le Sage, la rénovation de la grande salle du château que Peiresc nous décrira en 1616 et l’édification du pont-levis en avant des tours des Courtenay. Il place une horloge monumentale,  la seconde de France, sur une des tours de la grande salle. L’autre horloge, qui existe encore, est celle du Palais de Justice de Paris.   

En 1380, Charles VI y séjourne. Vers 1395, il attribue le domaine en douaire à son épouse Isabeau de Bavière. Il lui retire pour le duc d’Orléans. Ce dernier  l’occupe dès 1404 mais il est assassiné en 1407 par Jean Sans Peur. Charles VII devient roi.

En 1427, Dunois, fils bâtard du Duc d’Orléans assassiné, libère le château  du siège des Anglais. En 1431, l’ayant conquis par trahison, un nouveau châtelain s’y installe : François de Surienne dit « l’Aragonais » qui reconstruit la vieille tour. En 1438, contre espèces, il quitte le château. Si Charles VII ne fit qu’y passer, ainsi que Louis XI, Charles VIII « s’y délectait fort ».  Puis c’est l’oubli, à la Renaissance, Blois nous  supplante.

En 1560, Renée de France, fille de Louis XII, belle-sœur de François Ier, redonne un peu de vie au château pendant quelques lustres. Elle y abrite tout ce qu'il y a de plus illustre en protestantisme. Le futur Henri IV y trouve asile et protection.

En 1575, à son décès le château reste la propriété de sa fille la Duchesse de Nemours et de Chartres puis à la mort de celle-ci à l'un de ses fils, le Duc de Mayenne.

En 1612 le chateau retourne à la Couronne. Henri IV, qui aimait ce lieu n' a pas eu le temps de le réunirr à la couronne. C'est son fils Louis XIII qui le fera.

En 1626, Louis XIII le donne en apanage à son frère, Gaston d’Orléans.

En 1660, Philippe, frère de Louis XIV, reçoit le chateau en apanage avec les duchés de Chartres et de Nemours et aménage le château mais en détruisant le donjon et la vieille église Sainte-Marie pour bénéficier de la vue à 280° sur les forêts alentours et crée l’allée que nous connaissons aujourd'hui.

En 1701, Philippe  Le Régent, à la mort de son père reçoit en apanage le château et les duchés de Chartres et de Nemours. Il n’y vint pas.

En 1723, son fils Louis dit "le Pieux",à la mort de son père reçoit en apanage le château et les duchés de Chartres et de Nemours. n'y résida pas non plus.

E
n 1785,  Philippe dit « Egalité », à la mort de son père, reçoit en apanage le château et les duchés de Chartres et de Nemours et y séjourne. Il est exproprié en 1792 et après avoir voté la mort de Louis XVI, ses anciens amis le font guillotiner. Le Château devient domaine national. Le chancelier du Duc, l’amiral de La Touche-Tréville, (deux fois vainqueur de Nelson devant Boulogne,  mais qui meurt, hélas ! en 1804, avant Trafalgar ), achète une partie du Château. Il installe dans la grande salle une filature de coton avec 400 ouvriers ce qui sauve le château de la démolition exigée en 1794 par le citoyen Lefiot, représentant du peuple ! ! !

En 1810, le château passe entre les mains de destructeurs : acheté par Masse associé à Pichot, Chardon et Trémier, il devient carrière de pierre. En 1840, il n’en reste plus rien sauf  la partie actuelle, sauvée car ils ne purent en expulser une vieille locataire excentrique dit-on , la baronne Roger. La tour de l’horloge s’abattait en 1837, la veille de l’arrivée de la souscription que les Montargois avaient faite pour le racheter.

En 1896, les filles de Chardon vendirent la partie actuelle à Madame de Clerval.

En 1897, Madame de Cintré, à la demande du Curé de Montargis, lui achète ces bâtiments pour abriter en leurs murs une école d’éducation chrétienne, et ce fut les débuts de « l’Institution Saint-Louis » en 1898.