Sur un plan du Château de Montargis, réalisé par du Cerceau et déposé au British Museum , ce que qui est pour nous, la Chapelle Sainte-Marie, est qualifié par une légende manuscrite de « Temple »
Renée de France quitte l’Italie, après le décès de son époux et vient habiter le Château de Montargis en 1658.
Elle continue à être la protectrice et l’amie des protestants et entretient une correspondance fort active avec Calvin, Marot et les principaux chefs huguenots. Elle est particulièrement accueillante en 1568- 1569, lors de l’exode des protestants. Les désastres de Jarnac et Moncontour y mirent le comble. Paul Arigoni, aumônier italien de la duchesse signale « Le nombre des réfugiés en 1568 dut augmenter considérablement.. Les livres de compte de la Duchesse montrent un débours de 60.000 L sur une liste civile de 600.000 L » .
Rappelons pour mémoire qu’en 1662 au mois de mai, l’église de la Madeleine fut pillée par les protestants.)
Cette chapelle Sainte-Marie fut probablement convertie ou utilisée prudemment en Temple sous Renée si l’on s’en tient à la note « temple ». Ceci paraît certain pour du Cerceau.
D’autant plus qu’à cette époque, la chapelle Sainte-Marie ne servait plus au culte paroissial, étant remplacée par l’église Sainte-Madeleine
Cela nous mène à poser la question : « Où fut inhumée Renée de France ? »
Au cinquième jour de maladie, le mercredi 15 juin 1575, à trois heures de nuit, Renée succomba. Sa fille Anne, Duchesse de Nemours, arriva rapidement après le dernier soupir mais l’enterrement avait eu lieu !
Il n’y a pas de cimetière dans le château, ni la chapelle Saint-Louis ni l’ancienne église Sainte-Geneviève ne semblent utilisables. La distance entre les appartements de Renée de France et la chapelle Sainte-Marie, justifie l’emploi de porteurs.
Le corps de Renée, déposé en « un cercueil de bois » avait été porté par « six pauvres de ceulx qui estoient employéz au service du chasteau » et « inhumé en la chapelle qui est en la cour en la descente du château ».
Monsieur Gache propose cette thèse quand il écrit : « L’enterrement de Renée a été fait à la sauvette pour des raisons protestantes précises. Pour conserver en temple, l’église Sainte-Marie du château, en cette période qu’elle considérait comme transitoire, René en avait fait le bûcher du château, comme le rappelle Peiresc, « …sous Renée, on n’y tenait que du bois ». Aux jours meilleurs, espérait-elle, le bois serait déménagé, un coup de balai et le temple servirait de nouveau ».
Ainsi, il est tout à fait possible, logique, que la princesse a sans doute choisi le lieu de sa sépulture dans ce « temple », en espérant qu’il deviendrait définitivement ce lieu de culte qu’elle lui avait destiné en 1561 et donnant ainsi un signe d’espérance à ses fidèles, en se faisant inhumer dans un futur temple comme gage de sa renaissance. » Mais, pour en revenir à cette inscription « temple », le décès de sa protectrice, Renée de France, en 1575 , fit que du Cerceau offrit ultérieurement ce plan à Catherine de Médicis sans cette légende.
En effet, cette inscription manuscrite avait disparu quand il fit publier ses « plus excellents bastiments de France ».
Sans entretien, inutilisée, cette chapelle tomba en ruine et le Duc d’Orléans la fit détruire en 1697 pour des raisons esthétiques
Mais l’on ne chercha, ni signala de tombe de Renée dans l’église. Alors reposerait-elle dans la crypte ?